
â ïž Ă LIRE ENTIĂREMENT, JUSQUâAU COMMENTAIRE DE LA PRĂFECTURE.
Je ne publie pas cette image pour faire la publicité de cette journée.
Je la publie parce quâelle dit tout.
Et aujourdâhui, je suis rĂ©ellement en colĂšre.
Sur lâaffiche, tout semble parfait : une journĂ©e gratuite consacrĂ©e aux trajectoires, Ă la maĂźtrise de la moto et Ă la sĂ©curitĂ© routiĂšre, organisĂ©e le samedi 26 septembre 2026 au CEI de Fleury.
On y retrouve les logos de la Préfecture de la Manche, de la Sécurité routiÚre, de la Gendarmerie nationale, de la Police nationale, de la DIR Nord-Ouest et de partenaires privés.
Puis un motard pose une question toute simple :
« Salut, il faut avoir le CT à jour ? »
Réponse officielle du compte de la Préfecture de la Manche :
« Oui, pour cette sortie vous devrez venir avec votre moto et le contrĂŽle technique devra ĂȘtre Ă jour. »
VoilĂ .
Tout est dit.
La sécurité routiÚre réservée aux motards administrativement conformes
Une journĂ©e prĂ©sentĂ©e comme une opĂ©ration de prĂ©vention et dâamĂ©lioration de la conduite devient donc une activitĂ© rĂ©servĂ©e aux motards ayant acceptĂ© de passer le contrĂŽle technique.
Les boycotteurs, eux, peuvent rester dehors.
Peu importe quâils entretiennent correctement leur moto.
Peu importe quâils roulent depuis trente ans sans accident.
Peu importe quâils souhaitent amĂ©liorer leurs trajectoires, leur regard, leur freinage ou leur capacitĂ© Ă rĂ©agir face Ă un danger.
Ils ne disposent pas du bon justificatif administratif : ils ne sont donc pas les bienvenus.
La prévention devient un privilÚge accordé aux motards considérés comme administrativement dociles.
Un contrĂŽle technique Ă jour nâapprend pourtant pas Ă :
- placer son regard correctement ;
- choisir une trajectoire de sécurité ;
- freiner en situation dâurgence ;
- anticiper un virage qui se referme ;
- éviter un obstacle ;
- mieux comprendre les limites de sa machine.
Ce sont prĂ©cisĂ©ment les formations, lâexpĂ©rience, la prĂ©vention et lâaccompagnement humain qui permettent de travailler ces compĂ©tences.
Mais pour accéder à cette prévention, il faut désormais montrer patte blanche.
Ce nâest plus seulement une journĂ©e de sĂ©curitĂ© routiĂšre.
Câest une journĂ©e de sĂ©curitĂ© routiĂšre sous condition de conformitĂ© administrative.
Je lâavais annoncĂ© dĂšs 2025, et mĂȘme avant ...
Cette situation ne tombe pas du ciel.
Je lâavais annoncĂ©e.
Je lâavais Ă©crite.
Je lâavais dĂ©noncĂ©e publiquement dĂšs le mois dâavril 2025.
Dans mon article consacrĂ© Ă la FFMC52, je saluais une antenne qui avait refusĂ© de cautionner une reprise de guidon conditionnĂ©e Ă la prĂ©sentation dâun contrĂŽle technique Ă jour :
đ FFMC52 : quand refuser de suivre devient un acte de cohĂ©rence
La FFMC52 avait alors compris le piĂšge : accepter cette condition aurait signifiĂ© cautionner lâexclusion des boycotteurs et participer Ă la normalisation du contrĂŽle technique moto.
Quelques semaines plus tard, jâalertais Ă©galement sur une opĂ©ration soutenue par la FFMC14, organisĂ©e avec la PrĂ©fecture et la Gendarmerie :
đ FFMC14 : une action en contradiction avec le boycott du CT moto ?
Je posais alors une question simple :
Comment peut-on appeler au boycott du contrĂŽle technique dâune main, tout en participant de lâautre Ă des opĂ©rations institutionnelles qui en reprennent progressivement la logique ?
On mâa censurĂ©.
On mâa caricaturĂ©.
On mâa expliquĂ© que jâexagĂ©rais.
On mâa parfois prĂ©sentĂ© comme un fou, un diviseur ou un militant incapable de comprendre lâintĂ©rĂȘt de la prĂ©vention.
Aujourdâhui, je nâai mĂȘme plus besoin dâargumenter.
La capture dâĂ©cran rĂ©pond Ă ma place.
Ce que je dénonçais est désormais écrit noir sur blanc

Le risque était pourtant évident.
DĂšs lors que les associations motardes acceptent de participer Ă des opĂ©rations organisĂ©es avec les services de lâĂtat sans poser de limites claires, le contrĂŽle technique finit inĂ©vitablement par devenir un critĂšre de participation.
Au dĂ©but, on parle simplement de vĂ©rifier les pneus, les freins, lâĂ©clairage ou lâĂ©tat gĂ©nĂ©ral de la moto.
Puis on demande les papiers.
Puis on exige un contrĂŽle technique Ă jour.
Puis les motards qui refusent ce contrÎle sont écartés des actions de prévention.
Et demain, de quoi seront-ils encore exclus ?
Câest ainsi que lâon normalise progressivement une mesure contestĂ©e.
Non pas en démontrant son efficacité.
Non pas en publiant une évaluation scientifique indépendante.
Non pas en comparant honnĂȘtement le contrĂŽle technique aux mesures alternatives.
Mais en injectant progressivement le CT moto dans toutes les activités institutionnelles liées à la moto.
Je ne suis pas opposĂ© Ă la prĂ©vention â bien au contraire
Que les choses soient parfaitement claires.
Je ne suis pas opposé aux journées de trajectoires.
Je ne suis pas opposé à la formation des motards.
Je ne suis pas opposé aux échanges avec des policiers, des gendarmes, des formateurs ou des professionnels de la moto.
Je ne mets pas en cause individuellement les agents, les bénévoles ou les intervenants présents lors de cette journée.
Je dénonce un choix institutionnel et politique.
Parce que la prévention est utile, elle doit justement rester accessible à tous les motards.
Elle ne doit pas devenir une récompense réservée à ceux qui ont accepté le contrÎle technique.
Un motard qui boycotte le CT moto ne cesse pas dâĂȘtre un usager de la route.
Il ne cesse pas dâavoir besoin de formation.
Il ne cesse pas dâavoir droit Ă la sĂ©curitĂ©.
La sécurité routiÚre ne doit jamais devenir un guichet de tri administratif.
Aux associations et Motoclub motardes : il est encore temps de refuser
Je le rĂ©pĂšte Ă©galement aux associations et aux structures motardes qui pourraient ĂȘtre sollicitĂ©es pour ce type dâopĂ©ration.
Ne cautionnez pas une action de prévention conditionnée au contrÎle technique.
Refusez que le CT moto devienne le ticket dâentrĂ©e obligatoire aux journĂ©es de formation.
Demandez le retrait de cette condition.
Et si les autorités refusent, organisez vos propres actions indépendantes, ouvertes à tous les motards, comme certaines antennes ont déjà su le faire.
La FFMC52 avait montrĂ© quâil Ă©tait possible de rester cohĂ©rent.
Il ne suffit pas dâafficher « Non au CT moto » sur une banderole.
Il faut aussi savoir dire non lorsque le contrĂŽle technique revient par la porte de service.
On me disait fou. Aujourdâhui, câest Ă©crit.
Oui, je suis en colĂšre.
En colÚre parce que cette évolution était prévisible.
En colÚre parce que les alertes ont été méprisées.
En colÚre parce que certains ont préféré censurer le messager plutÎt que regarder le problÚme.
En colĂšre parce que la prĂ©vention est aujourdâhui utilisĂ©e pour faire accepter progressivement une obligation que des dizaines de milliers de motards contestent.
Lâimage publiĂ©e par la PrĂ©fecture de la Manche ne dĂ©montre pas lâefficacitĂ© du contrĂŽle technique moto.
Elle démontre seulement que le contrÎle technique est désormais utilisé comme un critÚre permettant de sélectionner les motards autorisés à participer à une action de sécurité routiÚre.
Je lâavais annoncĂ©.
On me disait fou.
Aujourdâhui, ils lâĂ©crivent eux-mĂȘmes.
Je ne ferai donc pas la publicité de cette journée tant que cette condition restera en place.
Je demande son retrait.
Et je continuerai à documenter, dénoncer et contester chaque tentative visant à transformer le contrÎle technique moto en passeport obligatoire de la vie motarde.
Cette nouvelle preuve vient renforcer le combat politique et juridique actuellement engagé contre le CT moto et pour la reconnaissance des mesures alternatives.
Consulter le dossier : le Conseil dâĂtat saisi et le ministre face Ă douze demandes
â Boycotter. Documenter. Contester.
La prévention pour tous, pas seulement pour les motards administrativement conformes.
Pensez également à signer et à partager la pétition nationale contre le contrÎle technique moto : pétition contre le contrÎle technique des deux-roues motorisés .
On ne lĂąche rien.
POUSTIQUET â motard libre, engagĂ© et trĂšs en colĂšre.